Histoire des Echecs par Correspondance en Belgique

par P. Clément

Ce texte date de 1989, à l’exception de quelques petits changements.

1. Les origines

Les premières parties d’échecs par correspondance en Belgique, dont j’ai pu trouver trace, sont celles disputées par des amateurs anversois, qui jouèrent de 1827 à 1829 deux parties contre des amateurs amstellodamois. Le nom de ces joueurs n’est pas connu, mais les parties ont été conservées pour la postérité grâce au livre de L. Bledow Correspondenz-partien publié à Leipzig en 1843. Amsterdam gagna par 2-0.

A la fin du 19e siècle, les dirigeants du Cercle des Echecs de Bruxelles (devenu Cercle Royal en 1951) organisèrent plusieurs parties par correspondance contre les cercles français de Lille (en 1895) et de Paris (en 1899). Ces parties et leurs péripéties se trouvent évoquées à plusieurs reprises dans la magnifique Revue d’Echecs éditée de 1900 à 1909 par les membres du cercle de Bruxelles (voir http://www.crebarchive.be/Cercle_Royal_des_Echecs_de_Bruxelles/Publications.html).

En janvier 1903, D. Janowski, dans la colonne d’échecs du Monde Illustré, informe les amateurs que le professeur Isaac Rice de New York, le mécène bien connu, a bien voulu mettre à sa disposition une somme de mille francs pour organiser un tournoi international par correspondance sur le début dont il est l’inventeur, le Gambit Rice, lequel est une intéressante variante dans le gambit du roi. La liste des inscriptions est close avec 9 adhésions. Le cercle de Bruxelles y participa. Tous les coups des huit parties avec diagrammes étaient affichés dans un tableau pendu au mur du local du cercle.

Fin 1903, le cercle de Bruxelles entama aussi une partie par correspondance avec le cercle d’Anvers.

Durant la première guerre mondiale, des parties par correspondance furent organisées, grâce à l’initiative de quelque mordus tels que E. Lancel et L. Weltjens, entre les soldats belges en permission à La Panne et l’Echiquier d’Aquitaine (France).

Après la guerre 14-18 divers journaux organisèrent en Belgique de petits tournois par correspondance: La Nation Belge sous la direction de E. Lancel, Le XXe Siècle sous la direction de L. Demey. En 1926, la célèbre revue L’Echiquier, éditée de 1925 à 1938 par E. Lancel, proposa également à ses abonnés des tournois par correspondance. Apparement, ceux-ci n’eurent pas de succès car aucun résultat ne fut publié.

2. La création de l’AJEC

En 1934, L. Demey créa l’Association Belge des Joueurs d’Echecs par Correspondance (AJEC). C’est lui aussi qui négocia avec l’Administration des Postes l’application du tarif imprimés aux cartes d’échecs en Belgique. Ce tarif fut hélas aboli en 1984.

L’AJEC organisa les premiers championnats de Belgique en diverse catégories. L’AJEC publiait aussi un bulletin mensuel stencilé.

Des difficultés d’ordre linguistique notamanent surgirent toutefois, ce qui amena la création d’une nouvelle association d’échecs par correspondance.

3. La naissance de l’Echiquier Belge (EB)

C’est le 14 juin 1942 qu’une circulaire fut adressée à un noyau d’amateurs d’échecs leur proposant de fonder une nouvelle association de joueurs d’échecs par correspondance et de problémistes. Cette circulaire était signée F. De Vleeschouder (fondateur), E. Gooris (premier président) et P. Van de Walle.

Deux mois plus tard paraissait le premier bulletin mensuel, bilingue et imprimé. L’Echiquier Belge était né et baptisé, la dénomination proposée par le futur président (A. Marquet) ayant été adoptée lors d’un vote écrit constituant une véritable assemblée générale.

Le nombre de membres augmenta rapidement grâce au dévouement et à la clairvoyance des pionniers de l’époque: A. Marquet (président), P. Peeters (propagandiste), P. Van de Walle (directeur des tournois nationaux), et M. Masson (directeur des tournois internationaux).

Le 16 avril 1945, la mort frappa F. De Vleeschouder, mais l’ascension continua. Début 1946, l’EB comptait 1386 membres, parmi lesquels de trés nombreux étrangers. C’était un record.

Depuis lors, l’EB a connu des hauts et des bas. Par deux fois, en 1946 et en 1950, par suite de circonstances imprévues, il fut bien près de disparaître. Mais chaque fois il s’est trouvé des bonnes volontés pour remettre en marche la machine défaillante.

4. Epoque de stabilité

Depuis plus de 35 ans, l’EB connaît une période de grande stabilité.

Le bulletin mensuel paraît régulièrement sans interruption. Le nombre des membres oscille actuellement aux alentours de 600. Les joueurs sont répartis en cinq catégories suivant leur force. Il est établi un classement mensuel par points.

Chaque année, l’EB organise les épreuves officielles suivantes :

Toutes ces activités sont marquées par le sceau des dirigeants de l’EB.

Puisse cette stabilité se maintenir, pour le plus grand bien de tous les joueurs d’échecs par correspondance et de tous les amateurs de problèmes.

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